Et si on cultivait le paysage?
- ldesnoyers2
- 16 juil. 2024
- 2 min de lecture
La MRC de Memphrémagog qui, de par sa richesse foncière et sa zone de villégiature grandissante, a vu sa superficie cultivable s’effriter au bénéfice de la forêt. La diminution du dynamisme agricole menace l’identité paysagère de la MRC. On touche ici à cet élément distinctif qui incite tant de citoyens à y habiter, tant de touristes à parcourir nos routes vraiment belles de nature.
En 2008, on dénombrait plus de 5000 hectares de terres cultivables laissées à l’abandon, créant des friches devenues forêts. Ainsi, les paysages autrefois si caractéristiques du chemin des Pères entre Magog et Saint-Benoît-du-Lac par exemple, permettaient de voir la plaine autour du Lac Memphrémagog. Du haut de cette route panoramique, les vues s’estompent pour laisser place aux haies, aux conifères qui bloquent la vue. Et le processus se poursuit un peu partout sur le territoire. La réduction notable de la visibilité des paysages pourrait entraîner une banalisation du milieu. La hausse du prix des terres et la difficulté de rentabilité de nos fermes ne fait qu’accélérer la situation.
Même si la zone agricole permanente occupait, en 2024, 49 % de la MRC, seuls 13 % du territoire est utilisé à des fins agricole. C'est ce 13 % qui nous permet d'avoir des percées visuelles sur les vues emblématiques du territoire, comme la vue sur le Mont Orford à partir du rang de la Montagne ou le chemin d'Ayer's Cliff à Ste-Catherine-de-Hatley. Il n’y a pas d’obligation de cultiver ou de préserver ces champs en culture.
Ce projet de fiducie d’utilité sociale en agriculture paysagère est une action concrète pour perpétuer des sites propices à l’agriculture dans notre MRC et valoriser cet usage. C’est un geste fort pour les paysages mais aussi pour inciter à la préservation de notre capacité nourricière et de notre autonomie alimentaire. De plus, assurer une hétérogénéité du paysage, composé à la fois d’espaces ouverts, de friches, et d’autres milieux naturels est bénéfique pour une plus grande biodiversité.
Ici nous souhaitons créer un vent de changement, de mobilisation autour de la capacité nourricière et du paysage.
La FUSA paysagère s'est donné comme mission de :
Protéger la fonction et les paysages agricoles dans la MRC de Memphrémagog, dans une approche agroenvironnementale.
Trois (3) approches possibles pour le propriétaire d’une terre agricole sont proposées:
Grever sa terre d’une servitude de vue paysagère détenue par la FUSAP (usus) : la terre peut être vendue avec le temps mais l’espace ouvert est perpétué par la FUSA.
Grever sa terre d’une servitude d’usage agricole détenue par la FUSA : la terre peut être vendue avec le temps mais l’usage agricole est géré par la FUSA, à perpétuité.
Transférer la terre dans la FUSA : la FUSA détient la pleine propriété de la terre, qui ne peut être revendue. La FUSA perpétue l’usage agricole et la vue paysagère, à perpétuité.
Déjà un projet de transfert d'une terre est en cours. Suivez l'avancement du projet!

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